S'il y a bien un truc cool à propos du groupe
YACHT, c'est tout le tintouin philosophique qu'ils s'appliquent à faire passer en arrière plan. Alors bon, on peut froncer sourcils et nez devant leur fascination pour la spiritualité mais si on creuse un peu, on trouve des gens intelligents et vachement conscients de leur truc. YACHT, pour eux, c'est une façon de vivre, un tout. Et cela s'applique avec une rigueur qui implique entre autres de la bouffe végétarienne, des lunettes de soleil, des triangles et de la musique bien dansante pour shaker son booty en scandant du James Hilton ("
Shangri-La lalalala lalalala"). Plus chatoyant que paradoxal, le duo nous a accordé une petite heure sur une terrasse humide à Düdingen. Claire a beaucoup parlé pendant que Jona la regardait en opinant du chef d'un air concentré. Dans l'ensemble, on bien rigolé en mangeant de la salade de fruits.
INTERVIEW Y△CHT
TEA : Pour votre dernier album, See Mystery Lights, vous avez dit dans de nombreuses interviews que les lumières de votre lieu d’enregistrement, Marfa (TX), vous avaient beaucoup inspirées. Cette fois-ci, vous avez enregistré dans trois villes différentes. Est-ce que ce "Triangle de la Côte Ouest" comme vous l’appelez a été une nouvelle source d’inspiration pour vous ?
Claire L. Evans : Assurément.
Jona Bechtolt : Oui, le lieu joue un grand rôle selon nous.
Claire : Nous avons choisi ces trois endroits parce qu’ils ont une importance particulière pour notre développement en tant que personnes et en tant que groupe. Premièrement, il y a Portland, c'est de là qu'on vient. Deuxième point, Los Angeles, où notre relation a commencé et enfin, nous sommes devenus ce que nous sommes aujourd’hui en tant que YACHT à Marfa, c’est donc notre troisième point.
Ces trois lieux représentent des étapes de nos vies. En même temps, ce sont les endroits où nous avons été le plus heureux. Evidemment, les notions de bonheur et d’utopie sont très importantes pour nous. Nous sommes captivés par la façon dont on peut créer son propre bonheur, avec son propre pouvoir. Il nous a donc semblé logique d’enregistrer notre album dans des lieux qui avaient eut un rôle dans cette construction du bonheur dans nos vies.
En fait, nous avons passé la plupart du temps à Marfa. C’est, d’un point de vue créatif, l’endroit le plus important pour nous. Parce qu’il est isolé. Et aussi parce qu’il y a tout un tas de qualités surnaturelles sur lesquelles on se concentre dans notre travail.
Les lumières ont donc toujours leur influence.
Claire : Absolument. Mais c’est bizarre parce que les lumières sont à Marfa depuis toujours. Les gens qui habitent là-bas y sont donc habitués. C’est un truc magique et mystérieux mais ça fait partie de la vie normale. Ce n’est pas particulièrement excitant ou nouveau pour la plupart d’entre eux.
Jona : C’est même presque ennuyeux.
Claire : Oui, une fois que tu as passé assez de temps là-bas, ça commence aussi à faire partie de ta mentalité. Nous aussi on s’y est fait. Mais ça ne veut pas dire qu’on les considère plus sérieusement. C'est vrai, au fond, pourquoi il n’y aurait pas de mystère autour de nous ? Ces lumières sont pour moi le symbole de mystères plus grands qui nous entourent. Bien que la plupart du temps on n’y fait pas attention parce qu’on est trop absorbés par ce qu’on est en train de faire. Mais si on y pense, nous vivons sur un bout de roc qui flotte dans un chaos infini. C'est dingue ! Il y a plein de trucs qu’on ignore encore. Les lumières sont une façon évidente de se rappeler ces choses.
En tout cas, vous m’avez donné envie d’aller à Marfa, à force d’en parler !
Jona : Oh oui, tu dois absolument y aller !